lundi 6 août 2012

Potosi

Du 28/07/2012 au 31/07/2012


Nous avons passés trois jours à Potosi, qui fut un temps une des plus grosses villes du monde.
Logée sur les flancs de la montagne "mangeuse d’homme" : Le Cerro Rico, elle est aussi l’une des villes les plus hautes du monde (4 200 m).
Cette ville fit la grandeur de l’Espagne, avec sa mine d’argent qui dévora plus de 8 millions d’âmes (esclaves sud américains et africains, pour enrichir les européens surtout).
La mine est encore en activité, et les conditions de travail y sont encore difficiles, et bien évidement la Silicose est de la partie…


Etant arrivés le samedi de Sucre en début d'après-midi en bus, nous avons cherché un Hotel, négocié le prix de la nuit et pour finir, nous avons pris deux lits dans un dortoir avec petit-déjeuner compris.

Je n'étais pas très en forme, alors après un déjeuner rediffusion dans une cantine de la ville, grosse sieste pour nous deux, puis achat de victuailles au marché pour pouvoir nous cuisiner un diner à l'auberge.




Et bien, nous avons dégusté des radis avec du sel et du pain beurré ! Un régal , en discutant avec une française toute la soirée.


Mais bon, nous étions venus à Potosi pour visiter l'une de ses mines...nous avons donc négocié un tour avec une agence du coin qui nous a semblé correcte et moins touristiques que d'autres, qui proposaient seulement du "fun".

Pour être plus précise, nous avons réservé qu'une seule place pour Robin, car je ne voulais pas participer à cette visite, enfermée dans des boyaux de cailloux sous la terre ...

Par contre, la visite fut programmée pour le lundi et non le dimanche, car c'était le jour du Seigneur...et les mineurs ne travaillent pas.

Nous avons donc profité du dimanche pour explorer la ville, découvrir les anciennes maisons des riches marchands d'argent et constater que la ville a bien perdue de sa richesse depuis que les sources d'argent de sont taries.

Nous avons aussi mangé des saltenas, petits chaussons fourrés de poulet et légumes...

La nuit du dimanche au lundi fut affreuse pour moi, passée au toilettes, avec deux autres malades dans la chambre...bref, intoxication alimentaire dans l'air...




Lundi matin, Robin est donc parti pour visiter la mine...et son groupe était composé du guide, Julio ancien mineur et Samir, touriste lillois voyageant et travaillant en Amérique du Sud depuis 10 mois ! Presque une visite guidée privée !




Maintenant, je vais vous raconter tout ce que Robin m'a dit de sa visite. Moi, pendant ce temps là, je luttais contre fièvre, vomissement et diarrhée (autant être franche, voyager ce n'est pas toujours gai, surtout en Amérique du Sud pour nous).
A oui, pendant toute leur visite, Samir et Robin ont fait tourner en bourique le guide : jouer à cache-cache dans la mine, essayer de piquer les cigarettes de Tio (représentation du diable pour les mineurs, qui les protège des accidents, ils lui donne des offrandes...).


Donc quelques informations sur la mine, les mineurs et leur vie de labeur.

Déjà, pour un mineur qui commence à travailler à l’âge de 13 ans, son éspérance de vie est de 47 ans. Malheureusement, certains enfants n’ont pas la chance d’aller à l’école. Le travail dans la mine permet de faire vivre la famille, le salaire est parfois plus élevé que les jobs dans certains bureaux.

Ce sont les plus jeunes qui travaillent au fond. Car les conditions sont plus difficiles (chaleur, étroitesse des galeries, rareté de l’oxygène).

Robin et Samir sont restés dans les galeries supérieures jusqu’à 70m sous terre.
Ils n'ont donc pas croisé de très jeunes mineurs. Je pense que si ça avait été le cas, ils auraient pris une bonne claque.

Ils ont donc rejoins leur guide vers 8h, après s’être équipés de vêtements imperméables, de bottes et d’un système auxiliaire d’éclairage autonome (une lampe frontale).




La première étape fût un arrêt chez un commerçant afin d’acheter quelques provisions pour les mineurs qu'ils croiserons (bonne idée). Ils repartent avec des sachets de feuilles de coca (son utilisation dans les Andes est très répandue), les feuilles sont pliées puis placées entre les dents et la joue puis on laisse agir la salive. Son action permet d’amoindrir la fatigue et le mal des montagnes.
Ils prennent également des sodas, des cigarettes et des petites bouteilles d’alcool à 96% (oui ça existe!, l’alcool leur permet d’oublier un peu les conditions précaires de travail).



Ensuite, ils montent à plus de 4300m pour rejoindre l’entrée de la mine, enfin une des entrées de la mine car celle-ci est devenue un véritable gruyère suite aux siècles d’exploitation.




L’entrée est un simple trou … Normal nous direz-vous, mais Robin pensait à une grande entrée avec des rails pour sortir les chariots, des structures en bois ou en métal pour consolider les galeries. Mais rien de tout ça, juste un trou, une échelle et c’est parti !


Ah non attendez! Avant de rentrer, quelques règles simples.

On ne parle pas de Dieu à l’intérieur car c’est le domaine des « Oncles ». Sortes de petits diables vivants sous terre, pas maléfiques mais qu’il faut respecter car il protègent les personnes à l’intérieur de la mine.
Ensuite, on dépose quelques feuilles de coca à l’entrée et on verse un peu d’alcool par terre en offrande à la « Pachamama » (esprit de la terre).

On en boit un peu également, histoire de se donner du courage (en réalité on ne le boit pas vraiment car il s’évapore à la moitié de l’eusophage).
Ils étaient donc prêt !


Il fallait se baisser pour avancer, les ténèbres les entouraient et ils attendaient (pas toujours sagement) accroupis que leur guide les rejoigne.

L’air était tout de suite plus rare, peut-être aussi à cause du manque d’espace.
En route vers les entrailles de la mine, la progression n’est vraiment pas évidente, les paroies sont glissantes et abruptes.
Ils pensaient être au bout d’un cul de sac, mis il y avait toujours des tunnels pour d'autres galeries.

Ils croisent alors les premiers mineurs, ils sont deux et doivent avoir entre 20 et 30 ans (pas vraiment le temps de discuter, ils bossent). Difficile de leur donner un âge car ils ont des visages très marqués. Ils leur donnent une bouteille d’alcool et de soda, ça leur a fait plaisir vu les sourires et les voilà repartis poussant un chariot chargé de plus de 2 tonnes de minerais.

Mineurs, a l exterieur de la mine.

Puis, la progression dans la mine a continué.

Enfin, dernier arrêt avant de commencer la remontée vers la surface, ils se sont assis près du plus grand diable, pour quelques explications...

La remontée fut lente car il y a vraiment peu d’oxygène.

Même à plus de 4000m, ils avaient l’impression de pouvoir respirer à nouveau normalement.

Puis, ils ont repris la route pour redescendre vers Potosi.


Ils ont donc passé 3h dans la mine et seulement pour visiter, pourtant Robin était crevé.
Nous ne savons pas comment les mineurs font pour y travailler parfois pendant 24h (ils rentabilisent au maximum le temps passé au fond car les trajets de descente/remontée sont très longs). Et cela sans manger pour éviter les grosses commissions qui génèrent du gaz en se dégradant à l’intérieur des galeries.

Robin fut un peu chamboulé par sa visite, même si le tour est un peu comme du "commerce de la misère", il. Découvert encore une facette atroce de notre société...et que l'on est très chanceux en France en 2012...
Il est cependant vrai que l’argent du tour est reversé en parti à la coopérative de mineurs avec laquelle il a fait la visite et celle-ci partage les profits entres ses mineurs. Ça lui donne un peu bonne conscience même s’il est difficile d’accepter que des enfants de moins de 15 ans y travaillent.

Robin m'a donc retrouvé u fond de mon lit en début d'après-midi dans un piteux état...

Il vit donné rdv à Samir pour boire un verre, mais j'étais incapable d'y aller, je suis donc restée une nouvelle fois dans mon lit.


Deux heures plus tard, les deux gaillards m'ont rejoint dans la chambre...

Pour une bonne surprise pour moi : Samir est infirmier !
Après avoir pris les pulsations, constaté ma forte fièvre, il m'a donné du Tiorfan pour calmer pour estomac démoniaque.

Puis, ils sont repartis à deux pour diner.

Samir avait les mêmes projets que nous pour la suite : rejoindre la ville de Uyuni en bus et visiter le salar.



Cependant, notre départ le mardi dépendait de mon état de santé...
Mais nous, surtout Robin, étions contents d'avoir rencontré un lillois aussi sympa à l'autre bout du monde, même s'il a 40 ans !!

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